Thierry Omeyer de sa forme
Les Bleus ont aussi pu compter sur un Thierry Omeyer des grands jours, auteur de dix-neuf arrêts sur l'ensemble du match. Le gardien de Kiel s'est notamment fendu d'une parade aérienne à bout portant devant Robert Gunnarsson en début de partie, digne d'un duel Barthez-Ronaldo d'il y a tout juste dix ans. « Mais il n'y a pas que moi, défend-t-il. J'ai eu une super défense avec moi. C'est vrai que le rôle du gardien est toujours déterminant. Mais franchement c'est anecdotique aujourd'hui. » Devant, les Français ont pris le large, portés par un Karabatic en verve (8 buts dans cette finale) et les hommes volants Abalo et Guigou : 10-5 (19e), 12-6 (21e), 14-7 (25e). Les Islandais, qui disputaient, eux, la première finale de leur histoire dans un grand rendez-vous international, ont perdu tous leurs moyens. On a vu Stefansson tirer un penalty sur le poteau après avoir éliminé Omeyer. Ou encore Hallgrimsson seul devant le but heurter également les montants.
Dans le dernier quart d'heure, les joueurs français ont lâché du lest, laissant leurs adversaires diminuer l'ampleur de la correction. A quelques secondes de la fin, alors que Joël Abati se démenait seul devant le but, les Bleus avaient déjà arrêté de jouer. Nikola Karabatic, les bras derrière la tête, Olivier Girault, les mains sur le visage... Pour le dernier match de sa carrière de joueur, le capitaine de l'équipe de France est devenu champion olympique : « Je m'étais toujours dit que si je gagnais la médaille d'or lors de ma dernière rencontre, je pleurerais. Et bien je ne l'ai pas fait ! Mais ça viendra plus tard, je pense. » Tous ont été rejoints sur le parquet par Jérôme Fernandez, le grand absent du jour, forfait à cause d'une fracture de la main lors du troisième match. « Au début, on n'a pas voulu me laisser aller sur le podium parce que je n'étais pas sur la liste, rigole-t-il. Puis on m'a dit que je pouvais y aller mais qu'il n'y avait pas de médaille pour moi. J'ai répondu : je m'en moque, du moment que je suis avec mes copains. Et puis finalement on m'en a trouvé une. Là, je suis aux anges.»
Le Grand Chelem pour huit joueurs
Il n'y a désormais plus de malédiction française aux Jeux pour les handballeurs. Oubliée la quatrième place des Barjots qui avaient trop fait la fête à Atlanta en 1996. Au placard, les éliminations en quarts de finale à Sydney et surtout à Athènes il y a quatre ans. L'équipe de France ne s'est pas fait surprendre, comme cela avait été encore le cas il y a quelques mois en demi-finales de l'Euro norvégien. Pour huit joueurs du groupe Bleu (*), la médaille d'or décrochée à Pékin a une valeur significative. Aujourd'hui ils ont tout simplement remporté les trois titres majeurs de leur discipline, après avoir fait partie de l'équipe championne du monde en 2001 puis championne d'Europe en 2006. Le handball a également offert à la France la troisième médaille d'or de son histoire olympique dans un sport collectif (**). Les Barjots, qui avaient décroché le bronze, déjà contre l'Islande, en 1992, ne sont plus seuls au palmarès des Jeux.
(*) Joël Abati, Didier Dinart, Jérôme Fernandez, Bertrand Gille, Guillaume Gille, Olivier Girault, Daniel Narcisse et Thierry Omeyer.(**) Auparavant il y avait eu le water-polo en 1924 et le football en 1984.
Faites nous encore rêver les bleus c'est vous les meilleurs. Une équipe en OR
